Marie-Christine Soroko est déléguée générale de la FFP (Fédération de la Formation Professionnelle), qui représente 310 organismes de formation privés. D’après cette fédération, l’alternance et notamment les périodes de professionnalisation sont une excellente mesure. En revanche, ses représentants sont plus critiques à propos du contrat de professionnalisation.
Quels sont, d’après vous, les bons côtés de la réforme de la formation professionnelle ?
"La réforme est globalement très positive. Elle place la formation au cœur du dispositif des ressources humaines, alors qu’elle était traditionnellement reléguée dans les divers outils sociaux. Grâce à cette réforme, les notions d’individualisation et de compétences reviennent au premier plan. Cette réforme est une véritable révolution dans le sens où elle va beaucoup plus loin que nous ne l’imaginions au moment de la signature. Et c’est une bonne chose".
Un an après, quels sont les éléments qui vous paraissent les plus pertinents dans cette réforme ?
"Il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions, mais je pense que le DIF démarre bien. Les organismes de formation ont une carte importante à jouer en se positionnant comme des interlocuteurs privilégiés au niveau des ressources humaines, et non comme de simples vendeurs de formation. Même chose pour les bilans de compétences, qui ont gagné leurs lettres de noblesse et ne sont plus synonymes de plans sociaux. La période de professionnalisation est quant à elle un merveilleux outil car elle permet de toucher les salariés les plus éloignés de la formation. Cela va demander un effort aux organismes de formation car il va falloir s’adapter à ce nouveau public".
Lors de leur mise en oeuvre, vous étiez très critique envers les contrats de professionnalisation. L’êtes-vous toujours ?
"Oui. A mon sens, le contrat de professionnalisation présente l’avantage d’être ouvert à un public plus large, mais il a un inconvénient majeur : celui de réduire la durée de formation (15 à 25 % du temps global). Or, en réduisant cette durée, on restreint l’accès à certains diplômes qui nécessitent davantage d’heures de formation".
Et qu’en est-il des accords de branches concernant ces contrats ?
"Ils ont malheureusement tendance à être encore plus restrictifs au niveau du nombre d’heures de formation".
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