La crise financière ne fera pas que des malheureux et pourrait profiter aux industriels. Du moins, sur le plan des ressources humaines. Les profils ingénieurs et MBA jusque là happés par les banques d’affaires devraient revenir sur le marché de l’emploi, pour le plus grand bonheur des recruteurs des autres secteurs.
La débâcle des établissements financiers entraînera à coup sûr des vagues de licenciement sur les places financières mondiales.
HSBC a déjà annoncé la suppression de 1 100 postes dans sa division de banque de financement et d'investissement, soit 4% des effectifs de ces activités. "Une mesure de prudence", selon les dirigeants de la première banque d’Europe, mais qui dénote bien le climat actuel sur le marché de l’emploi financier.
Cette tendance à la baisse est d’ailleurs confirmée par une étude du cabinet britannique QS et publiée dans le quotidien la Tribune. Des recrutements revus à la baisse dans tous les secteurs sont à prévoir : 2 % de moins tous secteurs confondus, avec un pic à 9 % pour les fonctions financières.
Dans les mois à venir, le marché verra donc affluer spécialistes financiers, analystes, courtiers, traders, risk manager…qui chercheront à se reclasser.
Une aubaine pour les recruteurs quand on sait que ces profils sont issus dans leur grande majorité d’écoles d’ingénieurs ou de MBA. Les industriels devraient enfin pouvoir s’offrir ces profils hauts de gamme et qui leur échappait jusque là, attirés par les lumières et les salaires de Wall Street ou de la City.
"Les institutions bancaires et financières, et leurs grands moyens, ont provoqué une inflation des salaires chez les diplômés des MBA. Et personne n’a pu suivre", constate Eric Cornuel, directeur de l’EFMD. "Mais le retour qui se profile à des valeurs économique plus terre-à-terre va permettre de revenir à des considérations plus en phase avec la réalité. Et je pense que le MBA irradiera plus largement dans les autres secteurs," parie le directeur de l’EFMD.
L’entrepreneuriat, autre parent pauvre du MBA selon les spécialistes, pourrait également bénéficier de la chute des opportunités d’emploi en finance. Mais avec un résultat à retardement.
En effet, le contexte actuel semble peu propice pour se lancer dans une affaire, ne serait-ce que par manque de capitaux, les banques ayant "fermé les robinets" du crédit.
Toutefois, les périodes de crises sont propices aux MBA, notamment Full-time, qui permettent de faire une pause dans sa carrière en s’engageant dans une formation d’un an à plein temps.Mis en ligne le 03-10-2008
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